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Cobalt, Kinshasa confronté aux limites de sa politique de quotas
Malgré des exportations encore limitées, les prix baissent déjà, sous l’effet d’une demande fragile et de perspectives d’offre accrue
 

(AfriquesPlus) - La remontée spectaculaire du cobalt s’essouffle, alors que les exportations de la République démocratique du Congo reprennent progressivement sous le régime de quotas imposé par les autorités. Après avoir dépassé quatre fois son niveau antérieur en avril, le prix de l’hydroxyde de cobalt a depuis reculé d’environ 30%, selon William Clowes et Annie Lee de Reuters.

Depuis le début de 2025, Kinshasa tente de reprendre la main sur le marché de ce métal essentiel à certaines batteries. Une interdiction totale d’exportation a d’abord été instaurée, avant l’adoption de contingents d’exportation, afin de résorber l’excédent mondial et de relever la valeur du cobalt congolais. Cette politique avait contribué à faire progresser fortement les cours, dans un pays qui pèse lourd dans l’offre mondiale du minerai.

La reprise des expéditions montre toutefois les limites du dispositif. Entre décembre, lorsque les exportations ont effectivement redémarré, et la fin juin, la RDC a expédié environ 41 500 tonnes de cobalt, d’après des données gouvernementales citées par l'agence de presse. Ce volume ne représente qu’environ deux tiers des quantités que les entreprises étaient autorisées à exporter par l’Autorité de régulation et de contrôle des marchés des substances minérales stratégiques, l’ARECOMS.

Les deux plus grandes mines de cobalt du pays, exploitées par le groupe chinois CMOC et Glencore, n’auraient exporté qu’environ 60% de leurs droits respectifs durant cette période, selon les statistiques du ministère congolais des Mines. Les deux groupes n’ont pas commenté ces chiffres.

En juin, les exportations mensuelles ont presque doublé pour atteindre 11 800 tonnes. Mais ce redémarrage demeure inférieur aux volumes exportés quelques années auparavant. Pour les marchés, le principal risque réside désormais dans une éventuelle accélération des expéditions : si les entreprises utilisent entièrement leurs allocations pour le reste de l’année, davantage de métal pourrait se retrouver sur le marché international et accentuer la pression baissière sur les prix.

À l’issue du premier semestre, l’ARECOMS n’a pas accordé d’extension supplémentaire aux opérateurs ayant rencontré des difficultés à appliquer les nouvelles règles. Les volumes non utilisés ont été retirés aux entreprises et basculés dans le « quota stratégique » du régulateur, a rapporté Reuters.

Cette procédure avait été annoncée fin juin : les droits d’exportation non consommés avant le 30 juin devaient être automatiquement transférés vers le quota stratégique de l’ARECOMS. Le régulateur avait indiqué que ces volumes pourraient soutenir des projets considérés d’« intérêt national », en particulier la transformation locale, la création de valeur et la protection des intérêts économiques congolais.

La destination effective de ce quota, désormais élargi, reste cependant inconnue. L’ARECOMS ne possède ni mine ni structure commerciale et n’a pas précisé les modalités selon lesquelles le cobalt sera mobilisé ou vendu. Une entreprise publique disposant d’un monopole sur l’achat du cobalt artisanal conserve, elle, un contingent distinct, presque entièrement utilisé à fin juin, selon les données évoquées par Reuters.

L’enjeu pour Kinshasa est désormais de stabiliser les cours sans provoquer un retour massif de l’offre. La RDC doit aussi décider de l’utilisation de son quota stratégique, alors que les volumes détenus par les producteurs et la reprise graduelle des exportations pourraient continuer à peser sur un marché déjà sensible à la demande mondiale.

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