(AfriquesPlus) - Avec 206,6 milliards de dollars d’échanges en 2024, le commerce intra-africain affiche une progression, mais reste loin de son potentiel. Dans une tribune publiée le 5 septembre 2026 par The Guardian Nigeria, Kanayo Awani, vice-présidente exécutive chargée du commerce intra-africain et du développement des exportations à l’Afreximbank, appelle à accélérer la transformation des opportunités commerciales du continent en transactions concrètes.
Selon les données citées par la responsable de l’Afreximbank, les échanges intra-africains ont augmenté de 5,4 % en 2024 pour atteindre 206,6 milliards de dollars. Cette évolution intervient alors que la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) doit progressivement faciliter la circulation des biens et des services entre les économies africaines.
Pour Kanayo Awani, cette dynamique ne doit toutefois pas masquer les difficultés auxquelles sont confrontées les entreprises souhaitant conquérir de nouveaux marchés sur le continent. Elle identifie notamment l’accès limité à l’information, la complexité des réglementations et les difficultés de financement comme autant de freins au développement du commerce intra-africain.
Les petites et moyennes entreprises sont particulièrement concernées. Nombre d’entre elles disposent de produits susceptibles de trouver des débouchés dans d’autres pays africains, mais manquent de visibilité sur les marchés, les acheteurs potentiels, les procédures douanières ou encore les conditions de financement. Pour la responsable de l’Afreximbank, réduire ces barrières constitue donc une priorité.
Les outils numériques pourraient jouer un rôle important dans cette transformation. Kanayo Awani estime que les plateformes digitales permettent de rapprocher les entreprises, les acheteurs et les investisseurs tout en réduisant les coûts liés aux déplacements et à la recherche de partenaires commerciaux. La plateforme IATF Virtual s’inscrit notamment dans cette logique en permettant aux acteurs rencontrés lors de la Foire commerciale intra-africaine de poursuivre leurs échanges au-delà de l’événement physique.
La Foire commerciale intra-africaine (IATF) constitue justement, selon elle, un autre levier pour stimuler les échanges. L’édition organisée en 2025 à Alger aurait généré 50 milliards de dollars d’accords commerciaux et d’investissement, illustrant l’existence d’une demande importante pour les produits et services africains.
Les chaînes de valeur régionales et continentales occupent également une place centrale dans cette stratégie. D’après les chiffres cités dans la tribune, 62,4 % des accords conclus lors des quatre premières éditions de l’IATF ont directement contribué au commerce intra-africain, pour un montant supérieur à 8,5 milliards de dollars par édition.
Pour Kanayo Awani, le développement de ces chaînes de valeur doit permettre au continent de dépasser le simple échange de produits et de renforcer progressivement ses capacités de transformation. L’objectif est notamment de favoriser l’industrialisation, de créer davantage de valeur localement et de réduire la dépendance à l’égard des importations provenant de l’extérieur du continent.
Cette accélération passe aussi par une meilleure mobilisation du secteur privé. Les entreprises africaines doivent pouvoir identifier plus facilement les opportunités, accéder aux financements nécessaires et trouver des partenaires dans les autres marchés du continent. La mise en œuvre effective de la Zlecaf doit, dans cette perspective, s’accompagner d’instruments capables de transformer les accords commerciaux en activités économiques réelles.
La prochaine édition de l’IATF doit se tenir à Lagos, au Nigeria, du 5 au 11 novembre 2027. Les organisateurs ambitionnent d’y accueillir plus de 100 000 visiteurs et 2 500 exposants et de générer plus de 50 milliards de dollars d’accords commerciaux et d’investissement. Pour Kanayo Awani, cette échéance illustre l’ambition de faire du commerce intra-africain un moteur plus puissant de croissance, d’industrialisation et d’intégration économique du continent.