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Niger, une semaine après la mutinerie, la junte maintient ses accusations et remercie ses alliés
Au Niger, le pouvoir militaire cherche à tirer les enseignements de la violente mutinerie survenue une semaine plus tôt à Niamey. Réuni en Conseil des ministres, le premier depuis les événements, a été consacré à cette tentative de déstabilisation.
 

(AfriquesPlus) - Une semaine après la tentative de mutinerie qui a secoué Niamey, les autorités nigériennes ont consacré leur premier Conseil des ministres à l’examen des événements. La junte continue d’accuser la France et des complicités africaines d’avoir orchestré une opération de déstabilisation, tout en saluant le soutien du Mali, du Burkina Faso, de l’Algérie et de la Russie.

Au Niger, le pouvoir militaire cherche à tirer les enseignements de la violente mutinerie survenue une semaine plus tôt à Niamey. Réuni vendredi, le Conseil des ministres, le premier depuis les événements, a été entièrement consacré à cette tentative de déstabilisation.

Le général Abdourahmane Tiani, qui dirige le pays depuis le coup d’État de juillet 2023, ne s’est toujours pas exprimé publiquement sur les événements. En revanche, son gouvernement a renouvelé ses accusations contre la France, présentée comme l’un des principaux acteurs présumés de la tentative de déstabilisation.

Paris rejette les accusations

Par la voix de son porte-parole, Mamadou Saidou, le gouvernement nigérien affirme que la mutinerie aurait bénéficié de complicités locales et étrangères. Niamey accuse également certains « frères africains » d’avoir servi de relais à des actions attribuées aux autorités françaises, sans toutefois désigner explicitement un État.

La France rejette catégoriquement ces accusations. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, les a qualifiées de « pures fantaisies », démentant toute implication de Paris dans les événements.

Une vidéo met en cause plusieurs pays

Dans le courant de la semaine, la télévision d’État nigérienne avait diffusé une vidéo présentée comme le témoignage d’un capitaine de l’armée de l’air. Le militaire, identifié comme Roger Gabriel, y accuse plusieurs pays et organisations d’avoir soutenu la tentative de déstabilisation, notamment la France, le Tchad, la Côte d’Ivoire, le Bénin et la CEDEAO.

Ces accusations ont été fermement rejetées par le Bénin. Son porte-parole, Wilfried Houngbedji, a notamment assuré que son pays n’était pas l’ennemi du Niger et réaffirmé la volonté de Porto-Novo de préserver des relations pacifiques avec son voisin.

Les relations entre les deux pays restent toutefois tendues. Malgré un rapprochement amorcé récemment, la frontière entre le Niger et le Bénin demeure fermée.

Des victimes civiles reconnues

Dans son compte rendu officiel, le gouvernement nigérien reconnaît pour la première fois la mort de civils lors des affrontements. Il a également exprimé ses vœux de prompt rétablissement aux personnes blessées.

Cette reconnaissance intervient alors que les autorités cherchent à consolider leur récit autour d’une tentative de renversement du pouvoir et à rassurer la population après plusieurs jours de tension dans la capitale.

Niamey remercie ses alliés

Le Conseil des ministres a également été l’occasion pour les autorités nigériennes de remercier leurs principaux partenaires. Une attention particulière a été accordée au Mali et au Burkina Faso, membres avec le Niger de l’Alliance des États du Sahel (AES).

Niamey a également salué l’aide de l’Algérie et de la Russie. Le gouvernement affirme notamment que l’intervention de militaires de l’Africa Corps, la structure russe présente en Afrique, a contribué à sauver le général Tiani lors des événements.

Une semaine après la mutinerie, le Niger reste donc plongé dans un climat de fortes tensions politiques et diplomatiques. Entre accusations contre la France et plusieurs pays voisins, soutien renouvelé des membres de l’AES et rapprochement avec Moscou, les événements de Niamey semblent avoir davantage renforcé le positionnement du pouvoir nigérien au sein de son nouvel environnement géopolitique.

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