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Rwanda : l’Afrique de l’Est et australe veut lutter contre le blanchiment sans freiner l’économie
Les pays de la région veulent renforcer la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme tout en préservant l’inclusion financière et l’activité économique légitime.
 

Selon le journal rwandais The New Times, les pays d’Afrique de l’Est et australe sont appelés à renforcer la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, sans pour autant compliquer l’accès aux services financiers pour les entreprises et les clients légitimes.

Cet appel a été lancé par le ministre rwandais des Finances, Yusuf Murangwa, lors de la 26ᵉ réunion du Conseil des ministres du Groupe anti-blanchiment d’Afrique orientale et australe (ESAAMLG), tenue le 4 septembre à Kigali.

Le ministre a estimé que les dispositifs de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme doivent aller au-delà du simple respect des normes internationales. Leur efficacité doit surtout être évaluée à leur capacité à produire des résultats concrets, à protéger l’intégrité du système financier et à favoriser une croissance économique inclusive.

Yusuf Murangwa a reconnu les progrès réalisés dans la région en matière de législation, de réglementation et de création d’institutions spécialisées. Il a toutefois appelé à s’assurer que ces dispositifs fonctionnent efficacement dans la pratique. Les évaluations mutuelles doivent ainsi permettre d’identifier les faiblesses et d’améliorer les systèmes, plutôt que de se limiter à vérifier leur conformité technique.

La secrétaire exécutive de l’ESAAMLG, Zitha Fikile Philda, a de son côté souligné l’évolution des méthodes utilisées par les réseaux criminels et terroristes. Ceux-ci exploitent de plus en plus les technologies, les systèmes financiers transfrontaliers et les sociétés-écrans pour déplacer et dissimuler des fonds issus d’activités illicites. Elle a appelé à renforcer la coopération régionale, estimant qu’aucun pays ne peut relever seul ces défis.

Jeanne Pauline Gashumba, directrice générale du Centre rwandais de renseignement financier, a également insisté sur la nécessité de mesures fondées sur les risques et proportionnées. Les discussions portent notamment sur l’inclusion financière, le « de-risking » et les fintechs, avec pour objectif de sécuriser les paiements transfrontaliers sans exclure les acteurs économiques légitimes.

La région entend également renforcer sa réponse face à de nouvelles menaces, notamment les flux financiers liés à l’esclavage moderne, au trafic illicite d’espèces sauvages et à l’utilisation de sociétés-écrans pour blanchir des capitaux. Elle prépare par ailleurs une nouvelle série d’évaluations mutuelles.

À l’ouverture de la réunion, le président du Sénat rwandais, Kalinda François-Xavier, a plaidé pour une lutte accrue contre les flux financiers illicites, le blanchiment et le financement du terrorisme, ainsi que pour de meilleurs mécanismes de récupération des avoirs volés. Il a cependant insisté sur la nécessité d’éviter que les mesures de contrôle n’excluent les utilisateurs légitimes du système financier.

Les responsables réunis à Kigali ont enfin souligné l’importance croissante de la technologie, de l’analyse des données et de l’intelligence artificielle pour détecter les risques, suivre les flux financiers et démanteler les réseaux criminels, tout en veillant au respect de la transparence, de la responsabilité et des droits des usagers.

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