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L’Afrique menacée par le désengagement financier sanitaire de Washington
Les nations africaines les plus vulnérables, comme le Rwanda et le Burundi, subissent des baisses de financements vertigineuses accompagnées d’obligations d’investissements locaux intenables
 

(AfriquesPlus) - L’administration Trump orchestre une coupe de plusieurs dizaines de milliards de dollars dans ses financements sanitaires destinés aux pays en développement d’ici 2030, révèle une enquête d’investigation menée par le journaliste Adam Taylor pour le quotidien américain The Washington Post.

L’article s’appuie sur une étude approfondie réalisée par les organisations non gouvernementales Public Citizen et Partners in Health, qui ont obtenu des documents confidentiels après avoir intenté une action en justice contre l’exécutif fédéral. Ces coupes ciblent directement la lutte contre des maladies mortelles comme le VIH/Sida, le virus Ebola et la tuberculose, réduisant l’engagement sanitaire international de Washington à moins de la moitié de son niveau de 2024.

Le correspondant du journal rappelle que ces accords bilatéraux négociés avec 34 pays ont été initiés par le département d’État après le gel de l’aide extérieure américaine et le démantèlement de l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) l’an dernier. Sur l’ensemble des 18 protocoles d’accord examinés, la baisse programmée des financements américains atteint en moyenne 59% par rapport aux montants de 2024.

Le quotidien de la capitale américaine pointe une distorsion majeure entre les lois de finances votées par le Congrès et les sommes réellement allouées sur le terrain. Bien que la majorité parlementaire ait rejeté une coupe initiale de 6,2 milliards de dollars pour maintenir les budgets sanitaires relativement constants, l’administration accumule d’importants retards d’engagement, notamment sur les fonds d’urgence du PEPFAR.

Vincent Lin, analyste chez Partners in Health, dénonce dans les colonnes du quotidien l’existence d’un « fossé béant » entre les crédits ouverts par les parlementaires et les dépenses effectives négociées avec les pays partenaires.

Le porte-parole du département d’État, Tommy Pigott, assure pour sa part au journal que Washington réoriente l’aide vers « une plus grande efficacité, la transparence, l’autonomie des pays et l’innovation américaine », mettant en avant 14,5 milliards de dollars d’engagements combinés à 10,1 milliards de dollars de co-investissements locaux.

Cette cure d’austérité frappe de plein fouet les nations africaines les plus démunies. Au Burundi, l’un des pays les plus pauvres du continent, les subventions sanitaires américaines vont chuter à 22% de leur montant de référence, tandis que le Rwanda subit l’effondrement le plus brutal, ses fonds étant amputés pour ne représenter que 3% des niveaux antérieurs, détaille le journaliste.

En Sierra Leone, le texte impose de compenser une perte de 71% de l’aide américaine en moins de cinq ans sous peine de sanctions financières accrues, une exigence jugée intenable par Peter Maybarduk de Public Citizen, qui met en garde contre une aggravation immédiate des crises médicales.

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