(AfriquesPlus) - À Boikene, dans le nord de Beni, des familles autochtones pygmées vivent dans des abris de fortune après avoir quitté la région de Ndandi en mai 2026. Elles disent avoir fui des violences attribuées aux ADF et se retrouvent aujourd’hui privées de leur forêt, de leurs moyens de subsistance et de conditions de vie décentes.
À Boikene, les nuits se passent souvent à même le sol. Les familles disent manquer de couvertures, de nourriture, d’eau potable et d’abris capables de les protéger des intempéries.
« Nous passons la nuit dans de très mauvaises conditions. Nous n’avons pas de toit, nous dormons à même le sol, sans couverture ni aucune protection », témoigne Apolline Apusome.
Selon plusieurs habitants, leur départ de Ndandi a été provoqué par les violences qu’ils attribuent aux Forces démocratiques alliées (ADF). Ces accusations n’ont pas pu être vérifiées indépendamment à partir des éléments disponibles.
Une forêt perdue, un mode de vie bouleversé
Pour ces familles, la perte est aussi économique et culturelle. La forêt constituait leur principal environnement de vie et leur permettait notamment de pratiquer la chasse et la cueillette.
Paul Nguka affirme que les violences ont rendu impossible leur maintien sur place. D’autres habitants disent avoir été témoins de meurtres ou d’enlèvements. Ces récits témoignent de la peur qui accompagne leur fuite, mais les circonstances précises des faits rapportés restent difficiles à établir indépendamment.
John Mangese affirme lui aussi avoir assisté à plusieurs meurtres avant de partir. Son souhait est désormais simple : retrouver la paix et pouvoir retourner dans son environnement d’origine.
Une urgence humanitaire et sanitaire
Sur le site, les besoins sont importants : nourriture, vêtements, abris, eau potable et soins figurent parmi les principales demandes.
La situation sanitaire ajoute à l’inquiétude. Une épidémie d’Ebola a été signalée dans la région de Beni, mais les informations disponibles ne permettent pas d'établir que les familles de Boikene ont été directement touchées par la maladie.
La société civile appelle néanmoins à renforcer l’aide. Jereve Maneno, activiste de la LUCHA, qualifie les conditions de vie sur le site d’« inhumaines » et demande une mobilisation accrue en faveur des familles.
Selon les responsables du site, au moins cinq personnes seraient mortes depuis leur arrivée à Boikene. Les causes de ces décès ne sont pas précisées dans les informations disponibles.
À Boikene, l’urgence est donc autant matérielle qu’humaine. Loin de leur forêt et de leurs activités traditionnelles, ces familles attendent surtout une amélioration durable de la sécurité.
Leur espoir reste celui d’un retour : retrouver leurs terres, leur environnement et une vie moins précaire.