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À Luanda, Moroni dénonce l’« occupation illégale » de Mayotte
Moroni dénonce la présence française sur l’île. Le ministre appelle l’Union africaine à défendre l’intégrité territoriale
 

Afriquesplus - À Luanda, le ministre comorien des Affaires étrangères, Mbae Mohamed, a dénoncé la présence française à Mayotte, qualifiée d’« occupation illégale » par Moroni. Il a appelé l’Union africaine à rester mobilisée sur la question de l’intégrité territoriale des Comores.

Selon Comores Infos, cette déclaration est intervenue lors du 26e Sommet extraordinaire du Conseil exécutif de l’Union africaine, consacré notamment à la prévention et au règlement des conflits sur le continent.

Devant ses homologues africains, le chef de la diplomatie comorienne a réaffirmé la position traditionnelle de Moroni, qui considère Mayotte comme faisant partie intégrante du territoire comorien. Pour les autorités comoriennes, le statut actuel de l’île constitue donc une question de souveraineté qui dépasse le seul cadre des relations franco-comoriennes.

Mbae Mohamed a également mis en garde contre certaines initiatives ou accords susceptibles, selon lui, de fragiliser la position défendue par les Comores sur Mayotte. Il a appelé les États membres de l’Union africaine à préserver le principe de l’intégrité territoriale et à éviter toute démarche pouvant être interprétée comme une remise en cause de ce principe.

La question de Mayotte demeure en effet un dossier sensible entre Moroni et Paris. L’île est administrée par la France depuis 1975 et est devenue un département français en 2011. Les Comores contestent cette situation et continuent de revendiquer leur souveraineté sur l’île, en s’appuyant notamment sur les résolutions et positions adoptées au niveau international.

À Luanda, le ministre comorien a par ailleurs élargi son intervention aux crises qui affectent actuellement plusieurs régions africaines. Il a notamment évoqué les situations sécuritaires au Sahel, dans les Grands Lacs et dans la Corne de l’Afrique, plaidant pour une réponse africaine davantage fondée sur la prévention des conflits.

Il a également insisté sur la nécessité de renforcer la protection des populations civiles, les mécanismes africains de médiation et les financements destinés aux opérations de paix. La participation accrue des femmes et des jeunes dans les processus de prévention et de règlement des conflits figure également parmi les priorités défendues par Moroni.

Le discours de Luanda traduit ainsi la volonté des Comores de maintenir la question de Mayotte à l’agenda de l’Union africaine, tout en l’inscrivant dans un débat plus large sur la souveraineté, l’intégrité territoriale et la capacité du continent à régler ses propres différends.

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