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L’ONU institue le 27 novembre, journée internationale contre le mariage des enfants
Porté notamment par la Sierra Leone, le Cap-Vert, le Costa Rica et le Maroc, le texte considère ces pratiques comme des atteintes aux droits humains et souligne leurs conséquences particulièrement lourdes pour les filles.
 

(AfriquesPlus) - L’Assemblée générale des Nations unies a adopté une résolution faisant du 27 novembre une journée internationale consacrée à la lutte contre le mariage des enfants, le mariage précoce et le mariage forcé. Soutenue par les 193 États membres, cette initiative vise à renforcer la mobilisation mondiale et à accélérer les politiques de prévention et de protection.

Porté notamment par la Sierra Leone, le Cap-Vert, le Costa Rica et le Maroc, le texte considère ces pratiques comme des atteintes aux droits humains et souligne leurs conséquences particulièrement lourdes pour les filles.

Selon les données citées par l’UNICEF, environ 12 millions de filles sont mariées chaque année avant l’âge de 18 ans. À l’échelle mondiale, quelque 650 millions de femmes et de filles vivant aujourd’hui ont été mariées durant leur enfance.

Une mobilisation mondiale à renforcer

Le 27 novembre doit servir de plateforme permettant aux gouvernements, aux organisations de la société civile, aux responsables religieux, aux établissements scolaires et aux communautés de mieux coordonner leurs efforts.

La résolution invite également les États à prendre en compte les unions informelles, arrangées ou non enregistrées, qui peuvent échapper aux statistiques et aux mécanismes classiques de protection.

Pour Fatima Maada Bio, Première dame de Sierra Leone et présidente de l’Organisation des Premières Dames africaines pour le développement (OAFLAD), cette décision constitue un « mandat mondial d’action ». Elle appelle les dirigeants à créer les conditions permettant aux filles de préserver leurs droits et de développer pleinement leur potentiel.

L’éducation au cœur de la prévention

Parmi les principaux leviers identifiés par l’ONU figure l’accès à une éducation de qualité. Les États sont encouragés à mettre en place des politiques associant l’éducation, la santé, la protection de l’enfance et l’autonomisation économique.

Le texte insiste également sur la nécessité de permettre aux filles et aux jeunes femmes déjà mariées de poursuivre ou de reprendre leur scolarité.

Car les conséquences peuvent être durables : abandon de l’école, réduction des perspectives économiques, risques sanitaires liés notamment aux grossesses précoces et limitation de l’autonomie.

Un enjeu majeur pour l’Afrique

La décision intervient alors que plusieurs pays africains renforcent leurs législations et leurs programmes de prévention.

La Sierra Leone, notamment, a adopté une législation interdisant le mariage des enfants. D’autres États développent des programmes axés sur l’éducation des filles, la sensibilisation des communautés et la protection des mineures.

Pour Bhuwan Ribhu, fondateur du réseau Just Rights for Children, les gouvernements doivent accélérer leurs efforts afin d’atteindre l’objectif d’éradication du mariage des enfants à l’horizon 2030. Son organisation affirme avoir contribué à prévenir ou interrompre plus de **550 000 mariages d’enfants depuis 2023.

Avec cette nouvelle journée internationale, l’ONU entend maintenir la question au premier plan et encourager les États à traduire leurs engagements en mesures concrètes de prévention et de protection.

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