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Sara Netanyahu au cœur d’une nouvelle polémique sur le 7-Octobre
À deux mos du scrutin, l’épouse de Benjamin Netanyahu est critiquée après avoir mis en doute le rôle de l’ancien chef adjoint d’état-major Yair Golan lors de l’attaque du Hamas.
 

(AfriquesPlus) - L’épouse du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu fait l’objet de vives critiques après une interview dans laquelle elle a relayé des interrogations sur le rôle de l’ancien chef adjoint d’état-major Yair Golan lors de l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023. Pour Haaretz, cette intervention s’inscrit dans une stratégie politique susceptible de renforcer la mobilisation du camp Netanyahu à l’approche des élections.

Dans un article publié le 4 septembre 2026, la journaliste Esther Solomon revient sur l’interview accordée quelques jours plus tôt par Sara Netanyahu à Channel 14, média présenté par Haaretz comme fortement favorable au Premier ministre. Selon l’auteure, cette intervention, présentée comme une sortie médiatique destinée à « briser son silence », a notamment porté sur les menaces auxquelles la famille Netanyahu serait confrontée et sur les accusations visant le chef du gouvernement.

Sara Netanyahu a également évoqué le procès pénal de son mari, qu’elle considère comme fondé sur des « fabrications » et ayant « ruiné sa vie ». Elle a dénoncé ce qu’elle présente comme une opposition organisée pour empêcher la droite de remporter à nouveau les élections. Elle a aussi affirmé que certaines personnes votant contre Benjamin Netanyahu souhaiteraient sa mort.

Mais c’est surtout ses propos sur le 7-Octobre qui ont déclenché la controverse. Sara Netanyahu s’est interrogée sur la présence rapide de Yair Golan dans le sud d’Israël le matin de l’attaque du Hamas. Ancien chef adjoint d’état-major de l’armée israélienne, Golan s’était rendu dans la zone frontalière avec Gaza et avait participé aux opérations de secours.

Selon Haaretz, Sara Netanyahu a relevé que Golan était arrivé sur place vers 8 heures, soit environ une heure et demie après les premières sirènes d’alerte, alors que d’autres responsables, dont Benjamin Netanyahu, n’avaient pas encore pris pleinement connaissance de l’ampleur de l’attaque. Elle a également mis en doute, dans ses propos, le récit de Golan sur les personnes qu’il avait secourues.

Interrogée directement sur l’hypothèse d’une « trahison » lors du 7-Octobre, Sara Netanyahu a répondu qu’elle ne souhaitait pas aborder cette question. Elle a toutefois affirmé que de nombreux éléments avaient été dissimulés et que des acteurs autres que son mari devraient être tenus responsables de l’échec du 7-Octobre.

Cette théorie, rappelle Esther Solomon, affirme que certains responsables militaires et sécuritaires, ainsi que des militants engagés dans les manifestations contre le gouvernement, auraient été informés à l’avance de l’attaque du Hamas et auraient volontairement laissé celle-ci se produire afin de provoquer la chute de Benjamin Netanyahu. Haaretz présente cette hypothèse comme une théorie du complot.

Les propos de Sara Netanyahu ont rapidement suscité des réactions politiques. Yair Golan a annoncé son intention de la poursuivre en justice pour diffamation, l’accusant d’alimenter une « incitation » persistante. Son parti, Les Démocrates, a dénoncé des propos franchissant « une ligne rouge ». L’ancien Premier ministre Naftali Bennett a également accusé la famille Netanyahu de diffuser des théories du complot « fausses et dangereuses ».

Dans le camp gouvernemental, les réactions ont été plus nuancées. Le ministre de la Défense, Israel Katz, a refusé d’affirmer qu’il n’y avait pas eu de « trahison ». Le ministre des Communications, Shlomo Karhi, a déclaré ne jamais avoir vu de vidéo montrant Yair Golan secourant des personnes le 7-Octobre. Le ministre des Affaires de la diaspora, Amichai Chikli, a pour sa part affirmé que les chefs de l’armée et du Shin Bet avaient « trahi » Benjamin Netanyahu en le maintenant dans l’ignorance afin de favoriser un changement de pouvoir.

Benjamin Netanyahu a néanmoins rejeté l’idée d’une trahison interne. Selon Haaretz, il a déclaré qu’il ne pensait pas qu’il y avait eu de « trahison » et que son épouse n’avait pas non plus affirmé une telle chose. Le Premier ministre a qualifié le 7-Octobre de « grande défaillance », tout en attribuant la responsabilité à d’autres acteurs.

Pour Esther Solomon, l’enjeu de cette controverse dépasse les déclarations de Sara Netanyahu. À 54 jours des élections, l’auteure s’interroge sur l’intérêt électoral d’une telle stratégie. Elle cite Almog Simchon, professeur adjoint de psychologie à l’université Ben-Gourion du Néguev, selon lequel la répétition d’une affirmation peut renforcer sa crédibilité apparente auprès du public, même lorsqu’elle est infondée. Ce phénomène est connu sous le nom d’« effet de vérité illusoire ».

L’universitaire estime également que les réfutations peuvent involontairement contribuer à la diffusion d’une théorie du complot, puisqu’elles obligent ceux qui la contestent à la répéter. Dans une société fortement polarisée comme Israël, ajoute-t-il selon Haaretz, les démentis provenant de personnalités associées à l’un ou l’autre camp peuvent par ailleurs être perçus comme partisans.

Esther Solomon estime ainsi que l’intervention de Sara Netanyahu pourrait répondre à un double objectif : renforcer les convictions de l’électorat déjà acquis à Benjamin Netanyahu et imposer certaines accusations dans le débat public en provoquant leur répétition, y compris par ceux qui cherchent à les réfuter.

La stratégie pourrait toutefois produire l’effet inverse. La politologue Dahlia Scheindlin, également chroniqueuse à Haaretz, évoque l’apparition possible d’une nouvelle fracture politique entre les électeurs qui défendent ou minimisent les propos de Sara Netanyahu et ceux qui, bien qu’hostiles à la gauche, considèrent que les accusations visant Yair Golan vont trop loin.

À l’approche du scrutin, l’affaire place ainsi Sara Netanyahu au centre d’une controverse politique majeure. Selon l’analyse publiée par Esther Solomon dans Haaretz le 4 septembre 2026, ses déclarations contribuent à replacer le 7-Octobre, les responsabilités politiques et les théories du complot au cœur de la bataille électorale israélienne.

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