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Assaut contre le QG de Jean Ping : ces voix françaises au cœur de la répression gabonaise
Les enquêtes pour crimes contre l'humanité instruites en France mettent en lumière l'implication de contractuels français et des soupçons de rétention de documents au Quai d'Orsay
 

(AfriquePlus) - Dix ans après l'assaut meurtrier lancé dans la nuit du 31 août au 1ᵉʳ septembre 2016 contre le quartier général de l'opposant Jean Ping à Libreville, les procédures judiciaires ouvertes en France tentent d'éclaircir l'implication de ressortissants français et la position des autorités de l'époque. Selon une enquête publiée le 31 août 2026 par Radio France Internationale (RFI), l'instruction portant notamment sur des allégations de crimes contre l'humanité met en lumière de lourdes suspicions d'entraves administratives au sein de la diplomatie française.

D'après les éléments révélés par la rédaction de RFI, plusieurs plaintes visent des ressortissants français alors sous contrat avec la Garde républicaine gabonaise au moment des faits. Deux témoins présents lors de l'attaque affirment avoir entendu des militaires s'exprimer avec des intonations françaises : « Ces voix venaient du haut du bâtiment, certainement venant d'un hélicoptère, et d’autres venaient du bas du bâtiment. C’est comme s’ils donnaient des ordres à leurs coéquipiers. »

Parmi les plaignants, un chef d'entreprise franco-gabonais rescapé de l'assaut espère toujours que la procédure permettra de faire toute la lumière sur la répression : « Ce qui me ravit, c’est que l’enquête dix ans après soit toujours en cours. Ce qui veut dire qu’on aura la vérité sur cette affaire. »

L'investigation de RFI dévoile également un signalement transmis à la justice en 2024 par un haut fonctionnaire français sous couvert d'anonymat. Ce dernier accuse l'ancienne direction Afrique du ministère des Affaires étrangères, alors dirigée par Christophe Bigot, d'avoir volontairement restreint la transmission des pièces demandées par la gendarmerie en juillet 2020, ne fournissant initialement que 35 documents sur les 315 répertoriés.

« J’ai été indigné du fait que des personnes au sein de l’administration se croient autorisées à passer outre les règles », dénonce ce lanceur d'alerte, pointant une consigne interne visant à restreindre le périmètre des transmissions aux seules victimes françaises. Sollicité par le média, le Quai d'Orsay a déclaré qu'il ne « commente pas une enquête judiciaire actuellement en cours et collabore pleinement avec les autorités judiciaires ».

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