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Budget de la CEDEAO : le Nigeria à jour, 4 pays cumulent des dettes impayées
Les finances de la CEDEAO connaissent une amélioration en 2026, portée notamment par les importants paiements du Nigeria. Mais l’organisation reste fragilisée par des arriérés élevés et la perte des contributions du Burkina Faso, du Mali et du Niger.
 

La situation financière de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) s’améliore en 2026, notamment grâce aux importants versements effectués par le Nigeria. Mais l’organisation régionale reste confrontée à un niveau élevé d’arriérés, aggravé par le retrait du Burkina Faso, du Mali et du Niger.

Selon des données rapportées par Infofrome.com, le budget de la CEDEAO pour 2026 s’élève à 411,7 millions d’unités de compte (UC). Au 15 juin, les recettes effectivement encaissées atteignaient 149,8 millions d’UC, soit 36,4 % de la dotation annuelle. Ce niveau de recouvrement marque une nette progression par rapport aux 23,5 % enregistrés à la même période en 2025.

Le Prélèvement communautaire demeure la principale source de financement de l’organisation. Il représente entre 75 % et 90 % du budget de la CEDEAO, selon les dispositions du traité révisé. Depuis sa mise en place en juillet 2003, les montants évalués au titre de ce prélèvement atteignent 2,77 milliards d’UC.

Mais les impayés restent considérables. Au 15 juin 2026, les arriérés s’élevaient à 595,7 millions d’UC, soit 21,5 % du montant cumulé évalué depuis la création du mécanisme.

Le Nigeria contribue fortement à l’amélioration des recettes

L’amélioration des recettes enregistrée en 2026 s’explique en grande partie par les paiements du Nigeria. D’après Infofrome.com, le géant ouest-africain, qui n’avait pas effectué de règlement intégral au titre du Prélèvement communautaire depuis 19 ans, a versé 54 millions de dollars en décembre 2024, puis 100,3 millions de dollars en 2026.

Ces versements ont permis d’améliorer sensiblement le niveau des recettes de la Communauté. Malgré cette évolution positive, la dépendance à l’égard des paiements des États membres demeure un point de fragilité pour les finances de l’organisation.

Cinq pays concentrent près de 90 % des arriérés

Les difficultés de recouvrement restent particulièrement concentrées. Le Nigeria, la Guinée, le Bénin, le Cabo Verde et la Côte d’Ivoire représentent à eux seuls près de 88,5 % des arriérés impayés.

La Conférence des chefs d’État de la CEDEAO a d’ailleurs exprimé sa préoccupation face à la persistance de ces dettes et appelé les États membres à respecter pleinement leurs obligations financières.

Le retrait de l’AES réduit l’assiette financière

À ces difficultés s’ajoute le retrait du Burkina Faso, du Mali et du Niger de la CEDEAO. Annoncé en janvier 2024 et devenu effectif en janvier 2025, ce départ a entraîné une réduction de près de 20 % de l’assiette du Prélèvement communautaire.

Ces trois pays ne contribuent désormais plus au financement de la caisse commune, ce qui réduit les ressources disponibles pour les programmes de l’organisation. Cette situation intervient alors que la CEDEAO doit continuer à faire face à d’importants défis en matière de sécurité, d’intégration régionale et de développement.

Des dépenses encore faibles par rapport au budget

Du côté des dépenses, l’exécution budgétaire demeure relativement faible. Au 15 juin 2026, la CEDEAO avait engagé 70,1 millions d’UC, soit environ 17 % du budget annuel approuvé.

Les dépenses opérationnelles atteignaient pour leur part 33,9 millions d’UC sur une enveloppe prévue de 161,5 millions, soit un taux d’exécution d’environ 21 %. Les performances varient toutefois fortement selon les institutions, avec des taux allant de 13,1 % pour la Commission à 42,7 % pour l’institution la plus performante.

Une trésorerie encore solide, mais sous pression

Malgré ces difficultés, la trésorerie de la CEDEAO affichait une situation relativement confortable à la mi-juin. Les liquidités disponibles s’élevaient à 26,9 millions d’UC, contre 15,2 millions au début de l’exercice. Toutes les obligations arrivées à échéance avaient également été honorées.

Pour Infofrome.com, cette situation ne doit toutefois pas masquer la fragilité structurelle des finances communautaires. L’amélioration des recettes en 2026 repose largement sur les paiements exceptionnels du Nigeria, tandis que les arriérés restent élevés et que le retrait des pays de l’Alliance des États du Sahel réduit l’assiette financière de la Communauté.

La CEDEAO devra donc renforcer le recouvrement du Prélèvement communautaire et accélérer l’exécution de son budget afin de préserver sa capacité à financer ses missions, notamment dans les domaines de la paix, de la sécurité et de l’intégration économique.

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