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Le Sénat américain prolonge l’Agoa jusqu’en 2028, mais l’impasse persiste
Malgré ce répit accordé au programme commercial historique, l'absence de réforme de fond et l'échéance de la fin de mandat de Donald Trump maintiennent les exportateurs dans une incertitude prolongée
 

(AfriquePlus) - Le 8 août, le Sénat américain a voté de manière inattendue le renouvellement de l’African Growth and Opportunity Act (Agoa) jusqu’en 2028 afin d’éviter une confrontation avec l’administration de Donald Trump, comme le rapporte un article signé Julian Pecquet et publié dans Jeune Afrique le 22 août.

Ce vote constitue le dernier épisode d'un feuilleton législatif autour de ce programme d'exemptions douanières, considéré comme la pierre angulaire des relations commerciales entre les États-Unis et l’Afrique subsaharienne depuis sa promulgation par Bill Clinton en 2000.

Le programme avait brièvement expiré le 1er octobre 2025, une première en vingt-six ans d'existence, en raison des réticences d'une administration peu portée sur les accords multilatéraux et les dossiers africains.

Face aux avancées économiques de la Chine sur le continent, la Chambre des représentants avait d'abord voté, le 12 janvier, une reconduction de trois ans, avant de faire machine arrière deux semaines plus tard face aux exigences de l'exécutif.

Devant la commission des finances du Sénat, le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, avait précisé la ligne gouvernementale : « La position de l’administration est que nous sommes ouverts à une reconduction pure et simple d’un an. » Il appelait à profiter de ce délai pour évaluer les moyens de rendre le dispositif plus efficace, soulignant : « Plutôt que d’en faire une sorte de cadeau, existe-t-il un moyen de renforcer le commerce bilatéral et d’élargir l’accès aux marchés d’exportation ? »

Face à cette orientation, le Congrès avait initialement convenu de limiter la prolongation jusqu'à la fin de l'année en cours dans l'attente d'une refonte du texte.

Sept mois après cet engagement, les négociations piétinent et aucun projet de révision n'a été déposé par les commissions compétentes de la Chambre ou du Sénat.

Des lobbyistes soulignent que le Bureau du représentant américain au Commerce (USTR) temporise sur le dossier, absorbé par d'autres urgences. Dans un contexte d'année électorale où le calendrier parlementaire ne compte plus que huit semaines de session, les élus évitent de rouvrir les débats sur le fond du texte.

Saluant le compromis sénatorial, le sénateur démocrate de Géorgie Raphael Warnock a déclaré dans un communiqué que cette prolongation représentait « une situation gagnant-gagnant pour les Géorgiens et nos partenaires commerciaux en Haïti et en Afrique ». Il a ajouté que la mesure allait « permettre de réduire le coût des biens de consommation courante et de renforcer notre sécurité nationale en contribuant à stabiliser les économies de nos partenaires internationaux ».

Malgré le vote du Sénat prolongeant le régime jusqu'en 2028, l'horizon demeure fragile pour les opérateurs économiques. En cas de validation par la Chambre des représentants, l'échéance de l'Agoa surviendrait trois semaines avant la fin du mandat présidentiel en janvier 2029, exposant le dispositif à une nouvelle rupture.

Stephen Lande, lobbyiste au sein du cabinet Manchester Trade, souligne auprès de Jeune Afrique, que pour adopter une législation non conforme aux souhaits de l'exécutif, les parlementaires « devront attendre qu’il ne soit plus au pouvoir ».

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