(AfriquesPlus) - La décision de Stockholm de mettre fin à ses programmes bilatéraux d’aide au développement dans plusieurs pays africains marque un nouveau recul pour la solidarité internationale. Le Liberia, le Mozambique, la Tanzanie et le Zimbabwe figurent parmi les pays concernés par ce changement de stratégie, motivé par les nouvelles priorités sécuritaires de la Suède et par la réduction de son budget d’aide.
La Suède a officiellement mis fin, lundi 31 août, à plusieurs programmes bilatéraux d’aide au développement en Afrique. Une décision qualifiée de « difficile » par les autorités suédoises, qui invoquent les nouveaux défis géopolitiques et sécuritaires auxquels le pays est confronté.
Stockholm entend désormais consacrer une part plus importante de ses ressources à des priorités jugées urgentes, notamment le soutien à l’Ukraine et le renforcement de ses capacités de défense.
Quatre pays africains directement concernés
Le Liberia, le Mozambique, la Tanzanie et le Zimbabwe figurent parmi les principaux pays africains touchés par ce désengagement.
La Bolivie, en Amérique latine, est également concernée par la fin de la coopération bilatérale suédoise.
Selon Stockholm, cette décision ne résulte pas d'événements ou de politiques propres aux pays concernés. Le gouvernement suédois explique plutôt son choix par une réduction des crédits disponibles pour la coopération internationale et par la nécessité de revoir ses priorités.
Mais pour les pays bénéficiaires, les conséquences pourraient être considérables.
Le Liberia et le Zimbabwe perdent aussi leurs ambassades
Le retrait suédois ne se limite pas à l'aide au développement.
À Monrovia, au Liberia, et à Harare, au Zimbabwe, Stockholm a également décidé de fermer ses ambassades.
Depuis lundi, les représentations diplomatiques ne sont plus ouvertes aux visiteurs et leurs activités doivent progressivement prendre fin au mois d’octobre.
Cette décision aura également des conséquences régionales.
L'ambassade de Suède à Monrovia assurait notamment la représentation diplomatique suédoise auprès de la Sierra Leone, tandis que celle de Harare jouait également un rôle dans les relations avec le Malawi et Maurice.
Un coup particulièrement dur pour le Liberia
Au Liberia, la décision suscite une inquiétude particulière.
La Suède était depuis longtemps l'un des principaux partenaires internationaux du pays.
Selon les données citées par The Guardian, Stockholm aurait consacré depuis 2008 plus de 5,77 milliards de couronnes suédoises à l’aide destinée au Liberia, notamment pour les infrastructures, les institutions démocratiques, les projets humanitaires et la gestion des ressources naturelles.
La Suède était ainsi présentée comme le deuxième plus important donateur du Liberia, après les États-Unis.
La fin de cette coopération pourrait donc fragiliser plusieurs secteurs essentiels.
Les politiques de santé pourraient notamment être touchées, y compris les programmes consacrés à la santé sexuelle et reproductive.
Le recul progressif de l'aide internationale
La décision suédoise intervient dans un contexte plus large de remise en question de l'aide internationale.
Ces derniers mois, plusieurs grands pays donateurs ont réduit leurs engagements ou réorienté leurs budgets vers des priorités nationales et sécuritaires.
La réorganisation de l’aide américaine et la disparition de l'USAID ont déjà provoqué de nombreuses inquiétudes parmi les organisations humanitaires et les pays bénéficiaires.
Plusieurs États européens ont également annoncé des réductions de leurs budgets d'aide.
Pour de nombreux pays africains, cette tendance risque d'accentuer les difficultés dans des secteurs déjà fragiles : santé, éducation, infrastructures, aide humanitaire et renforcement des institutions.
Stockholm privilégie désormais une autre approche
La Suède assure néanmoins qu'elle ne se retire pas totalement de la coopération internationale.
Stockholm affirme vouloir maintenir son engagement dans les mécanismes d’aide multilatéraux, notamment à travers l’Union européenne.
Mais la différence est importante : le passage d’une aide bilatérale directe à des mécanismes multilatéraux peut réduire la capacité de certains pays à bénéficier d'un soutien ciblé et adapté à leurs besoins spécifiques.
Une nouvelle page pour les relations entre l'Afrique et les pays donateurs
La décision suédoise dépasse donc largement le cadre de quatre pays africains.
Elle illustre une évolution plus profonde du système international : face aux guerres, aux tensions géopolitiques et aux impératifs budgétaires, l’aide au développement est de plus en plus soumise aux priorités stratégiques des pays donateurs.
Pour le Liberia, le Mozambique, la Tanzanie et le Zimbabwe, le défi sera désormais de trouver de nouveaux partenaires ou de nouvelles sources de financement.
Après le recul américain et la réduction des engagements de plusieurs pays occidentaux, le retrait de la Suède apparaît comme un nouveau signal inquiétant pour l'avenir de l'aide internationale en Afrique.