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Mali, Abdoulaye Diop cherche le soutien des non-alignés pour l’AES
À Belgrade, le chef de la diplomatie malienne a défendu la compatibilité entre les principes de l’AES et ceux du Mouvement des non-alignés, tout en appelant à davantage de coopération Sud-Sud et d’autonomie stratégique.
 

(AfriquesPlus) – Le Mali veut obtenir l’appui du Mouvement des non-alignés (MNA) pour la Confédération des États du Sahel (AES). À Belgrade, le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, a présenté mardi l’organisation réunissant le Burkina Faso, le Mali et le Niger comme porteuse de principes proches de ceux défendus historiquement par le mouvement.

Dans une dépêche publiée le 1er septembre 2026, l’agence de presse africaine APAnews rapporte que le chef de la diplomatie malienne a sollicité « l’accompagnement à la Confédération AES » lors d’une réunion de haut niveau organisée à l’occasion du 65ᵉ anniversaire de la première conférence des pays non-alignés.

Abdoulaye Diop a notamment mis en avant la souveraineté, l’indépendance et l’intégrité territoriale, ainsi que le refus de toute domination ou hégémonie. Il a également présenté la lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée comme une priorité de l’AES, tout en appelant à renforcer l’autonomie stratégique des États africains.

Le ministre malien a inscrit cette démarche dans l’héritage du non-alignement. Il a rappelé que le Mali figurait parmi les 25 pays présents à la conférence fondatrice organisée à Belgrade du 1er au 6 septembre 1961. Il a également évoqué la vision du premier président malien, Modibo Keïta, pour qui le non-alignement reposait sur l’indépendance des choix plutôt que sur l’alignement sur l’un des blocs de la guerre froide.

Abdoulaye Diop a, dans ce cadre, plaidé pour un renforcement de la coopération Sud-Sud et une meilleure représentation des pays africains, asiatiques, latino-américains et caribéens dans les institutions de gouvernance mondiale.

Le chef de la diplomatie malienne a également appelé le MNA à accorder davantage d’attention à la situation sécuritaire au Sahel. Il a notamment établi un lien entre la dégradation de la situation régionale et l’intervention de l’OTAN en Libye en 2011.

Le ministre a dénoncé ce qu’il considère comme une stratégie d’acteurs extérieurs visant à déstabiliser le Sahel et une partie de l’Afrique. Il s’est aussi opposé aux sanctions et mesures coercitives unilatérales ainsi qu’à la « politique des deux poids et deux mesures » dans les relations internationales.

Les conséquences de la crise libyenne sur la sécurité sahélienne ont notamment été documentées par les Nations unies, avec la circulation d’armes et le retour d’anciens combattants depuis la Libye après 2011.

La rencontre de Belgrade a réuni des représentants de plusieurs pays liés à la conférence fondatrice de 1961 ainsi que les membres de la troïka actuelle du MNA, composée de l’Azerbaïdjan, de l’Ouganda et de l’Ouzbékistan. Le président serbe Aleksandar Vučić et la vice-présidente ougandaise Jessica Alupo ont participé à l’ouverture.

En marge des travaux, Abdoulaye Diop s’est entretenu avec son homologue serbe Marko Đurić. Les discussions ont porté sur le dialogue politique et les perspectives de coopération dans les secteurs de l’agriculture, de l’éducation et de l’économie.

Aucun engagement collectif supplémentaire en faveur de l’AES n’a été annoncé à l’issue du discours du ministre malien. Sa démarche témoigne néanmoins de la volonté de Bamako de renforcer les soutiens internationaux à la Confédération sahélienne et de l’inscrire dans des réseaux diplomatiques fondés sur la souveraineté et la coopération Sud-Sud.

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