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Zambie : Hichilema entame son second mandat sous l’ombre d’une crise démocratique
Alors qu’il promet une croissance économique plus inclusive, son investiture intervient dans un climat politique tendu, marqué par l’emprisonnement de son principal rival et les accusations de dérive autoritaire formulées par l’opposition.
 

(AfriquesPlus) - Réélu avec 60,5 % des voix selon les résultats officiels, Hakainde Hichilema a prêté serment mardi 1er septembre pour un deuxième mandat. Alors qu’il promet une croissance économique plus inclusive, son investiture intervient dans un climat politique tendu, marqué par l’emprisonnement de son principal rival et les accusations de dérive autoritaire formulées par l’opposition.

Hakainde Hichilema a officiellement entamé son deuxième mandat à la tête de la Zambie. Devant une foule réunie au National Heroes Stadium de Lusaka, le président a placé son nouveau quinquennat sous le signe de la croissance et de la prospérité.

« Ce mandat n’appartient pas à Hakainde Hichilema, mais au peuple zambien », a-t-il déclaré lors de son discours d’investiture.

Après cinq années consacrées, selon lui, à stabiliser et relancer l’économie, le chef de l’État veut désormais passer à une nouvelle étape. Son ambition, résumée par le slogan « Grow Zambia », consiste à transformer la croissance économique en amélioration concrète des conditions de vie.

Hichilema reconnaît toutefois que les effets de la reprise économique ne sont pas encore ressentis par tous. Le coût de la vie demeure élevé pour de nombreux ménages et les retombées de la stabilisation économique restent inégalement réparties.

Son gouvernement entend notamment renforcer les secteurs minier, agricole, énergétique et touristique afin de créer davantage d’emplois et d’opportunités économiques.

 Une investiture sous haute tension

Mais derrière les discours sur la croissance et l’unité nationale, le climat politique reste particulièrement tendu.

L’investiture s’est déroulée sous un important dispositif de sécurité, alors que les autorités affirmaient craindre des manifestations liées à l’arrestation de plusieurs responsables de l’opposition.

Le principal rival du président, Brian Mundubile, crédité d’environ 38 % des voix selon les résultats officiels, est actuellement détenu dans le cadre d’une affaire de trahison. Son colistier, Makebi Zulu, est également poursuivi.

L’opposition conteste les accusations et dénonce ce qu’elle considère comme une offensive politique contre ses dirigeants. Plus de 300 personnes seraient actuellement détenues, tandis que plusieurs responsables de l’opposition auraient choisi de se cacher ou de fuir, selon leurs alliés.

Les résultats du scrutin sont également contestés. Des observateurs indépendants ont signalé certaines anomalies, même s’ils ont estimé que Hakainde Hichilema avait obtenu suffisamment de voix pour franchir la barre des 50 % nécessaire à une victoire dès le premier tour.

 L’opposition dénonce un recul démocratique

Pour plusieurs responsables de l’opposition, les événements qui ont suivi l’élection constituent une menace directe pour la démocratie zambienne.

Kapembwa Simbao, ancien ministre et président de Zambia We Want, évoque une profonde inquiétude face aux arrestations et à la pression exercée sur les opposants.

La mort de Mutotwe Kafwaya, ancien ministre et figure de l’opposition, tué par balle le 14 août lors d’une opération des forces de sécurité à Lusaka, a encore renforcé les tensions.

Les autorités affirment que les forces de sécurité avaient essuyé des tirs. Une version contestée par l’opposition, qui réclame une enquête complète sur les circonstances de cette mort.

 Hichilema appelle à l’unité

Conscient des divisions qui traversent le pays, Hakainde Hichilema a tenté, lors de son discours, de tendre la main à ses adversaires.

« Celui qui a voté contre nous n’est pas notre ennemi », a-t-il affirmé, appelant les Zambiens à considérer leurs différences comme des divergences politiques et non comme une source d’hostilité.

Le président a également assuré que l’opposition conservait toute sa place dans la démocratie zambienne et qu’il restait disposé à écouter les critiques constructives.

Mais au lendemain de son investiture, son deuxième mandat s’ouvre dans un contexte particulièrement délicat.

Entre les attentes économiques, le coût de la vie et les accusations de recul démocratique, Hakainde Hichilema devra relever un double défi : tenir sa promesse d’une croissance qui profite à tous, tout en restaurant la confiance politique dans une démocratie zambienne aujourd’hui profondément sous tension.

Les critiques sont les bienvenues. Les attaques personnelles, les insultes et les propos injurieux seront supprimés.
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