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L’Algérie exhorte l’UA à passer des engagements aux actes face au terrorisme
Plus de 17 000 Africains seraient tués chaque année dans des violences liées au terrorisme, selon les chiffres avancés par le président algérien Abdelmadjid Tebboune, alors que le Sahel concentre une part importante des victimes.
 

(AfriquesPlus) - Plus de 17 000 Africains seraient tués chaque année dans les violences liées au terrorisme, selon les chiffres avancés par le président algérien Abdelmadjid Tebboune, qui appelle l’organisation continentale à reprendre l’initiative face à l’aggravation des crises sécuritaires.

Dans un article publié le 2 septembre 2026, LeFaso.net revient sur le message transmis par Abdelmadjid Tebboune lors de la XXIe session extraordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine, tenue le 30 août en Angola. Le sommet était consacré au renforcement des mécanismes de prévention et de règlement des conflits en Afrique.

Par la voix du président du Conseil de la nation, chargé de transmettre son message, le chef de l’État algérien a dressé un constat particulièrement sévère de la situation sécuritaire du continent. Il dénonce la multiplication des foyers de tension, la persistance des conflits, les guerres par procuration et les ingérences étrangères.

Selon les données citées par Abdelmadjid Tebboune, le nombre d’attaques terroristes en Afrique aurait augmenté de 400 % au cours de la dernière décennie, tandis que les décès liés à ces attaques auraient progressé de 237 %. Le continent concentrerait désormais près de 63 % des victimes du terrorisme dans le monde.

La région sahélo-saharienne supporterait à elle seule plus de 51 % de ces pertes. Le président algérien évoque ainsi plus de 17 000 morts africains chaque année, soit une moyenne d’environ 46 décès par jour.

Face à cette situation, Alger estime que le problème de l’Union africaine ne réside pas dans l’absence de textes ou de mécanismes, mais dans leur mise en œuvre et dans le manque de volonté politique. Tebboune déplore notamment la marginalisation de l’organisation continentale dans les initiatives de paix sur son propre territoire.

L’Algérie propose d’abord de renforcer les mécanismes de prévention existants plutôt que de multiplier les nouvelles structures. Elle plaide notamment pour une meilleure exploitation des systèmes d’alerte précoce, un rôle accru du Groupe des Sages et une opérationnalisation complète du Fonds pour la paix de l’UA.

Alger souhaite également une présence plus effective de l’Union africaine sur les théâtres de crise. Le déploiement des représentants spéciaux, l’activation de la Force africaine en attente et le renforcement des interventions du Groupe des Sages sont présentés comme des leviers pour rapprocher l’organisation des réalités du terrain.

Le président algérien appelle par ailleurs les chefs d’État africains à reprendre directement leur rôle de médiateurs. Il estime que les bons offices et la médiation entre dirigeants doivent retrouver une place centrale dans le règlement des crises.

Enfin, Alger insiste sur le lien entre sécurité, développement et action humanitaire. Pour Tebboune, la stabilité durable du continent passe par des réponses concrètes aux crises humanitaires, mais aussi par des investissements bénéficiant directement aux populations, notamment aux jeunes et aux femmes.

Cette sortie intervient dans un contexte de rapprochement progressif entre l’Algérie et plusieurs pays de l’espace sahélien, après une période de fortes tensions avec Bamako. Le message d’Alger apparaît ainsi comme une volonté de réaffirmer son rôle dans les débats africains sur la sécurité et l’avenir de l’architecture continentale de paix.

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