(AfriquesPlus) - L’autorité sud-africaine de l’aviation civile (CAA) a ouvert une analyse approfondie sur un double survol à très basse altitude réalisé au-dessus du DHL Stadium du Cap avant un match international de rugby, un événement qui a déclenché une vive controverse sur le respect des protocoles de sécurité aérienne, rapporte la journaliste S’thembile Cele dans une dépêche publiée par Bloomberg le 2 septembre 2026.
Dans un communiqué diffusé mercredi, le régulateur a indiqué avoir sollicité des éléments d’information complémentaires auprès de la compagnie aérienne opératrice, SA Airlink Pty Ltd., soutenue par Qatar Airways. La compagnie a dans la foulée retiré sa demande pour un survol similaire initialement prévu le week-end prochain lors de la confrontation opposant les Springboks sud-africains aux All Blacks néo-zélandais.
Selon les données du site de suivi du trafic aérien Flightradar24, l’un des deux jets régionaux Embraer est passé à moins de 50 pieds (environ 15 mètres) au-dessus du sommet de l’enceinte sportive où les champions du monde sud-africains s’apprêtaient à défier la Nouvelle-Zélande.
Face aux vives réactions mêlant admiration et critiques sur les réseaux sociaux, la compagnie Airlink, qui exploite une flotte d’environ 70 avions Embraer SA, a justifié la manœuvre en affirmant qu’elle avait été réalisée par des équipages hautement qualifiés comprenant trois commandants de bord chevronnés dans chaque appareil, au terme d’une « planification minutieuse et de répétitions ».
La compagnie s’est engagée à transmettre volontairement les enregistrements des boîtes noires (DFDR) aux enquêteurs de la CAA afin de démontrer sa conformité. Répondant aux estimations issues des applications mobiles grand public, Airlink a précisé : « Contrairement aux applications mobiles publiques de suivi des vols qui s’appuient sur des informations rudimentaires de positionnement par satellite, les enregistreurs de données de vol numériques des avions de ligne commerciaux modernes sont des dispositifs sophistiqués capables de tracer plus d’un millier de paramètres et de points de données pour présenter une image précise et complexe. »
Pour justifier le retrait de sa demande de survol pour le prochain match, la compagnie a invoqué des contraintes météorologiques : « Les prévisions météorologiques indiquent des conditions défavorables pour un survol sécurisé en formation. C’est sur cette base que nous avons retiré la demande de survol pour ce samedi. »
De son côté, la CAA a rappelé que l’opération avait initialement reçu une autorisation conforme aux exigences applicables aux événements aériens spéciaux, incluant des vols d’entraînement en simulateur et un briefing de sécurité préalable. Le régulateur publiera un rapport assorti de recommandations dès l’achèvement de ses investigations techniques.