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Gabon, la Cour des comptes réclame 1 700 milliards FCFA de débets et d’amendes
La juridiction financière gabonaise entend accélérer le recouvrement de sommes considérables dues au Trésor, alors que le pays cherche à renforcer la discipline dans la gestion des deniers publics.
 

(AfriquesPlus) - La Cour des comptes gabonaise réclame la restitution de 1 700 milliards de francs CFA au titre de débets et d’amendes. Un montant considérable dont le recouvrement constitue désormais l’un des principaux enjeux pour les finances publiques du pays.

La juridiction financière gabonaise a chiffré à 1 700 milliards de francs CFA les sommes que des personnes mises en cause dans différentes procédures doivent restituer à l’État. L’annonce a été faite par son Premier président, Alex Euv Moutsiangou, à l’occasion de la présentation du bilan de l’exercice écoulé, à l’approche de la nouvelle année judiciaire.

Dans un article publié le 2 septembre 2026, Sika Finance rapporte les propos du responsable de la Cour des comptes : « Nous avons 1 700 milliards FCFA de débets et d’amendes que les compatriotes concernés doivent restituer à l’État ». La juridiction entend ainsi placer le recouvrement de ces sommes au cœur de son action pour la période à venir.

Ce montant correspond à un stock de sommes réclamées à des justiciables et ne constitue donc pas des recettes déjà encaissées par l’État. Les débets peuvent notamment concerner des comptables publics ou des responsables reconnus débiteurs envers une personne publique à la suite d’une décision de la juridiction financière. À cela s’ajoutent les amendes prononcées dans le cadre des procédures relevant de la Cour.

L’importance de la somme apparaît à travers sa comparaison avec les principaux agrégats budgétaires du Gabon. Les 1 700 milliards de francs CFA représentent environ 31 % du budget rectifié de l’État, établi à 5 495,2 milliards de francs CFA. Ils équivalent également à 58 % des recettes budgétaires nettes attendues en 2026 et à près d’un tiers des dépenses prévues dans le budget rectifié.

Cette annonce intervient dans un contexte de renforcement des contrôles exercés par la Cour des comptes. Selon les données rapportées par Sika Finance, 368 ordonnances portant ordre de mission ont été signées au cours de l’exercice, pour un taux d’exécution de 89,40 %.

Parmi les dossiers examinés figurent notamment deux audits consacrés à la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS). Ils portent sur les évacuations sanitaires ainsi que sur le fonctionnement du Fonds des Gabonais économiquement faibles. Pour la Cour des comptes, ces travaux ont contribué aux réformes engagées au sein de l’organisme.

La juridiction financière cherche également à améliorer la visibilité de ses décisions. Elle a ainsi constitué un recueil regroupant les décisions et avis des juridictions financières, notamment les arrêts rendus, les personnes concernées et les montants en jeu.

Au-delà du volume des contrôles et des sanctions prononcées, c’est désormais l’effectivité du recouvrement qui sera scrutée. Le parquet général est chargé de suivre la récupération des débets et des amendes afin que les décisions de la Cour se traduisent effectivement par des remboursements au Trésor.

Sika Finance souligne toutefois que la Cour des comptes n’a pas encore précisé le montant effectivement recouvré ni la période sur laquelle se sont accumulées ces créances. L’enjeu est donc désormais de transformer les 1 700 milliards de francs CFA réclamés en ressources effectivement récupérées par l’État.

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